L’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis accueille, du 4 au 6 novembre 2026, le deuxième Colloque international de l’Observatoire du plurilinguisme en Afrique (OPA). Réunissant plus de 60 participants issus de 11 pays, cette rencontre met en débat la place des langues, des cultures et des savoirs africains dans les systèmes éducatifs, avec l’ambition de promouvoir des pratiques pédagogiques davantage ancrées dans les réalités du continent.
Faire des langues et des cultures africaines de véritables supports d’apprentissage et de transmission des connaissances : tel est l’enjeu de cette rencontre organisée autour du thème « Approche ethnographique et didactique des savoirs. Une littératie en langues et cultures africaines ».
Durant trois jours, des chercheurs, des enseignants et des spécialistes des sciences de l’éducation échangent sur les approches permettant de mieux prendre en compte les ressources linguistiques et culturelles africaines dans les programmes et les pratiques scolaires.
Pour Sow Diemé Sow, présidente de l’OPA, il est essentiel que les enfants puissent construire leurs apprentissages à partir de leur environnement culturel et des langues qu’ils utilisent au quotidien. Cette démarche doit leur permettre de mieux comprendre leur patrimoine, de développer leurs connaissances et de s’approprier les savoirs dans des langues qui leur sont familières.
Documenter les connaissances locales pour mieux les transmettre
L’approche ethnographique défendue lors du colloque repose sur la collecte et la valorisation des pratiques, des traditions et des connaissances issues des communautés. Il ne s’agit pas simplement de conserver ce patrimoine, mais aussi de le documenter, de le transcrire et de le traduire afin de faciliter sa transmission aux générations futures.
Sow Diemé Sow insiste ainsi sur la nécessité de transformer les savoirs recueillis en ressources accessibles et utilisables dans les processus éducatifs.
Cette orientation rejoint les réflexions de Pascale Prax-Dubois, maîtresse de conférences en sciences de l’éducation et sociolinguiste à l’Université Paris 8. Elle observe une évolution dans les milieux universitaires, où les connaissances africaines sont de plus en plus considérées comme des contributions à la construction du savoir universel.
Selon elle, l’enjeu n’est plus de reproduire uniquement des modèles de transmission venus d’Occident, mais de reconnaître et de mobiliser les apports propres aux sociétés africaines.
Vers une école davantage ancrée dans les réalités africaines
Avec 11 pays représentés, notamment d’Afrique, d’Europe et d’Amérique du Nord, le colloque constitue un espace de dialogue et de partage d’expériences entre les acteurs de l’éducation et de la recherche.
Les échanges visent à faire émerger des approches pédagogiques qui accordent une place plus importante aux langues et aux cultures du continent. L’objectif est de construire un modèle éducatif dans lequel l’apprentissage linguistique et la transmission des connaissances culturelles se renforcent mutuellement.
À travers cette deuxième édition, l’OPA entend ainsi contribuer à une réflexion de fond sur l’avenir de l’école en Afrique, en faisant des ressources locales non plus des éléments périphériques, mais des leviers essentiels de l'éducation.
Source : Le Soleil.