Le Musée des Civilisations noires de Dakar a accueilli, samedi 31 octobre 2026, la conférence de clôture de la première saison du programme « Thinking Africa », initié par le think tank panafricain IDEAS. Consacrée à la question « Décoloniser ou réinventer ? L’école, l’université et la fabrique des futurs africains », cette rencontre a réuni un public nombreux, notamment des lycéens et des étudiants, autour des défis et des perspectives des systèmes éducatifs africains.
La grande salle du Musée des Civilisations noires a affiché complet pour cette dernière conférence de la première saison de « Thinking Africa ». La forte mobilisation, particulièrement celle des jeunes, illustre l'intérêt suscité par les débats intellectuels et sociétaux consacrés à l'avenir de l'Afrique.
Pour cette rencontre, les échanges ont porté sur la nécessité de repenser l'école et l'université africaines. Au-delà de la question de l'héritage colonial, les participants ont été invités à réfléchir à des modèles éducatifs capables de mieux prendre en compte les réalités, les aspirations et les ambitions des sociétés du continent.
Les jeunes au cœur des échanges
La conférence a enregistré la participation d'Alioune Diaw, enseignant-chercheur à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Les discussions ont été modérées par Cheikh Thiam, fondateur d'IDEAS et enseignant-chercheur à Amherst College, aux États-Unis.
La particularité de cette édition résidait dans la place accordée aux élèves et aux étudiants. Ces derniers ont occupé le présidium et pris la parole pour partager leurs analyses et leurs préoccupations concernant l'évolution de l'école et de l'université en Afrique.
Leurs interventions ont notamment permis d'aborder les modèles de formation, la transmission des connaissances et les transformations nécessaires pour construire un système éducatif en phase avec les besoins des populations africaines.
Repenser les savoirs pour construire l'avenir
Au fil des discussions, plusieurs pistes de réflexion ont été mises en avant : la décolonisation des savoirs, la valorisation des connaissances endogènes, l'adaptation des contenus pédagogiques et la création d'universités davantage connectées aux réalités africaines.
Ces orientations renvoient à un enjeu plus large : permettre aux sociétés africaines de construire des modèles éducatifs qui renforcent leur souveraineté intellectuelle et contribuent à leur développement. La rencontre a également souligné l'importance d'associer directement les jeunes à cette réflexion, puisqu'ils sont les premiers concernés par les choix qui façonneront leur avenir.
À travers cette conférence de clôture, IDEAS confirme ainsi sa volonté de faire des espaces de dialogue des lieux où les Africains peuvent interroger leur histoire, confronter leurs idées et réfléchir collectivement à leur devenir.
Soutenu notamment par Open Society Foundations, Amherst College, l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar et le Musée des Civilisations noires, le think tank prévoit déjà une deuxième saison de « Thinking Africa ». Celle-ci entend prolonger cette dynamique de réflexion et d'engagement citoyen autour d'une ambition : parler de l'Afrique aux Africains, en Afrique.
Source : Le Soleil