Le Partenariat pour la recherche africaine en sciences sociales et en gouvernance (PASGR), avec le soutien de la Fondation Andrew Carnegie, a lancé à Dakar le projet « PhD Models », consacré aux pratiques et aux procédures doctorales. Prévu sur trois ans, ce programme couvre sept pays africains, dont le Sénégal, et ambitionne d'identifier les défis de la formation doctorale afin de contribuer à l'élaboration de modèles plus efficaces et adaptés aux besoins du continent.
Une équipe pluridisciplinaire composée de professeurs et de chercheurs s'est réunie à Dakar les 2 et 3 novembre 2026 pour un atelier de lancement du projet « PhD Models ». Cette initiative entend examiner les dispositifs de formation doctorale dans sept pays : l'Éthiopie, le Ghana, le Kenya, le Nigeria, le Sénégal, l'Afrique du Sud et l'Ouganda.
La coordination du projet est assurée par Ndèye Marème Sougou, professeure titulaire de santé publique à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Lors de sa présentation, elle a souligné les capacités du Sénégal en matière de production scientifique, tout en attirant l'attention sur les difficultés persistantes liées à la formation des doctorants.
Parmi les principaux obstacles identifiés figurent le financement des thèses, la qualité de l'encadrement et l'accès aux ressources nécessaires à la réalisation des travaux de recherche. Pour la professeure, il est également essentiel que les résultats scientifiques répondent davantage aux préoccupations des communautés et aux besoins des États.
Mutualiser les expériences pour améliorer les formations doctorales
Le projet « PhD Models » prévoit d'établir un état des lieux des pratiques doctorales dans les pays concernés. Il s'agira à la fois de relever les difficultés rencontrées et de mettre en valeur les expériences qui donnent de bons résultats.
Selon Ndèye Marème Sougou, le Sénégal pourra partager avec les autres pays africains ses acquis en matière de recherche, tout en s'inspirant des dispositifs qui fonctionnent ailleurs sur le continent.
L'ambition est de faire émerger un modèle doctoral africain performant, capable de renforcer la qualité de la recherche et de mieux orienter les politiques publiques. La coordinatrice déplore en effet le décalage qui existe parfois entre les travaux scientifiques et les besoins réels des gouvernements et des populations.
La question du financement au centre des préoccupations
La professeure Ndèye Marème Sougou a également insisté sur la nécessité de mobiliser des ressources financières suffisantes pour garantir la qualité des travaux de recherche.
Elle relève que certains doctorants sont contraints de rechercher eux-mêmes les moyens de financer leurs études et leurs travaux. Une situation qui, selon elle, ne devrait pas reposer uniquement sur les étudiants, dans la mesure où les résultats de la recherche bénéficient aussi aux États et aux communautés.
Elle plaide ainsi pour un financement davantage endogène, provenant des pays africains eux-mêmes. L'objectif est de permettre aux États de soutenir la production scientifique et de mieux exploiter les connaissances issues des recherches menées sur leur territoire.
À travers « PhD Models », les partenaires souhaitent donc favoriser une réflexion collective sur les pratiques doctorales et contribuer à la construction de formations mieux structurées, mieux financées et davantage tournées vers les priorités africaines.
Source : Le Soleil.