Orientation scolaire : des situations contrastées dans les collèges de l’académie de Dakar
La rentrée scolaire 2026-2027 met en évidence des réalités différentes dans les collèges de l’académie de Dakar concernant l’accueil des nouveaux élèves de sixième. Alors que certains établissements font face à une forte pression sur leurs capacités d’accueil, d’autres disposent de locaux suffisants pour organiser les inscriptions. Au-delà des infrastructures, la gestion des effectifs et la qualité du suivi pédagogique restent des préoccupations majeures.
Au CEM Adama Ndiaye de Grand-Dakar, l’orientation de 169 élèves en classe de sixième pousse l’administration à envisager une réorganisation. Avec seulement deux divisions habituellement prévues pour ce niveau, l’établissement pourrait se retrouver avec plus de 84 élèves par classe si tous les élèves concernés confirment leur inscription. Le principal, Alioune Badara Mbengue, envisage ainsi l’ouverture d’une troisième division afin de mieux répartir les apprenants.
Toutefois, les effectifs définitifs restent à déterminer. Certains élèves orientés dans cet établissement pourraient finalement rester dans leurs écoles privées d’origine, tandis que d’autres familles sollicitent des collèges publics d’excellence, notamment le CEM Seydou Nourou Tall. Ces mouvements compliquent la planification des effectifs en début d’année scolaire.
Des capacités d’accueil inégales selon les établissements
Au CEM Blaise Diagne, la situation paraît plus favorable. Le principal, Ousmane Diop, prévoit quatre classes de sixième accueillant environ 50 élèves chacune. Selon lui, les salles disponibles permettent d’absorber les nouvelles orientations sans difficulté majeure. L’établissement avait déjà adopté cette organisation lors de la précédente année scolaire.
Le CEM Mathurin Diop affiche également une situation relativement stable. Selon sa principale, Mme Bâ, les quatre divisions prévues en sixième et les locaux disponibles permettent d’accueillir les nouveaux élèves dans des conditions jugées satisfaisantes.
Cependant, la disponibilité des salles ne garantit pas nécessairement un accompagnement pédagogique optimal. Dans des classes d’une cinquantaine d’élèves, les enseignants peuvent rencontrer davantage de difficultés pour interroger individuellement les apprenants, corriger leurs exercices et répondre aux besoins spécifiques de chacun.
Des classes surchargées, un défi pour les apprentissages
La situation est particulièrement préoccupante au CEM John Fitzgerald Kennedy, où trois classes de sixième accueillent chacune 60 élèves, soit 180 nouveaux collégiens au total. Les demandes d’inscription continuent par ailleurs d’affluer, accentuant la pression sur l’établissement.
Sa principale, Aminata Sar Kanté, explique que cette attractivité est notamment liée aux activités proposées aux élèves, parmi lesquelles la robotique, l’informatique, l’intelligence artificielle, l’entrepreneuriat et le développement personnel.
Si ces initiatives suscitent l’intérêt des familles, elles s’accompagnent de défis supplémentaires en matière d’encadrement. Avec 60 élèves par classe, le suivi individualisé devient plus difficile, particulièrement pour les nouveaux collégiens qui doivent s’adapter à l’organisation du moyen secondaire, à la diversité des disciplines et aux nouvelles exigences scolaires.
La prévention du décrochage scolaire au cœur des priorités
Face à ces difficultés, le CEM John Fitzgerald Kennedy prévoit de renforcer l’accompagnement des élèves en difficulté. Sous le thème « Repérer, accompagner et agir », des rencontres bimensuelles doivent réunir des conseillers d’orientation, des psychologues et des parents afin d’identifier les apprenants nécessitant un soutien particulier.
Cette initiative vise à prévenir le décrochage scolaire et à mieux prendre en compte les difficultés d’ordre pédagogique, social ou familial susceptibles de compromettre la réussite des élèves.
Dans l’ensemble de l’académie de Dakar, la gestion des orientations en sixième illustre ainsi la nécessité de concilier l’accès à l’éducation, les capacités matérielles des établissements et la qualité de l’encadrement. L’enjeu est de permettre à chaque élève de bénéficier de conditions d’apprentissage favorables, malgré les différences de moyens et les contraintes liées aux effectifs.
Source : Le Soleil