Les résultats du Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la CONFEMEN (PASEC 2024), présentés le jeudi 22 octobre 2026 à Dakar, mettent en évidence des progrès dans les apprentissages au début du primaire en Afrique subsaharienne. Toutefois, ces avancées s’atténuent en fin de cycle, notamment en mathématiques, où seuls trois élèves sur dix atteignent le niveau de compétences attendu.
L’évaluation a mobilisé 170 520 élèves issus de 6 275 établissements scolaires, ainsi que 23 254 enseignants. Elle vise à mesurer les performances des systèmes éducatifs et à identifier les facteurs susceptibles d’influencer la qualité des apprentissages.
Des progrès qui s’essoufflent en fin de primaire
Dans huit pays ayant participé aux évaluations de 2014, 2019 et 2025, la proportion d’élèves atteignant le niveau minimal en lecture au début du primaire est passée de 30 % à 51 %. En mathématiques, elle a progressé de 55 % à 68 %, après avoir atteint 70 % en 2019.
En fin de primaire, la tendance est moins favorable. En lecture, la proportion d’élèves atteignant le seuil attendu est passée de 49 % en 2019 à 38 % en 2025. En mathématiques, elle a reculé progressivement, passant de 43 % en 2014 à 30 % en 2025. Ainsi, sept élèves sur dix terminent le cycle primaire sans maîtriser les compétences mathématiques attendues.
Ces résultats soulignent la nécessité de consolider les acquis fondamentaux tout au long du parcours scolaire, afin que les progrès réalisés dans les premières années se maintiennent jusqu’à la fin du primaire.
Au Sénégal, la lecture progresse davantage que les mathématiques
Les performances du Sénégal présentent des évolutions contrastées. En début de primaire, le score moyen en lecture est passé de 557,1 points en 2019 à 596,2 points en 2025. En revanche, le score en mathématiques a légèrement diminué, passant de 563,4 à 555,3 points.
L’évaluation met également en évidence la place des langues nationales dans les apprentissages. Au Sénégal, 45 % des élèves évalués en début de scolarité ont passé les épreuves dans une langue nationale, notamment le wolof, le pulaar, le sérère ou le soninké, contre 55 % en français.
En lecture, les élèves évalués dans une langue nationale ont obtenu un score moyen de 618,6 points, contre 577,6 points pour ceux évalués en français. Ces résultats montrent des différences de performance, sans toutefois permettre d’établir que la langue d’évaluation en est, à elle seule, la cause.
En fin de primaire, le Sénégal affiche un résultat encourageant en compréhension de l’écrit : 62,5 % des élèves atteignent le seuil de compétences retenu. Néanmoins, des disparités persistent selon le milieu de résidence, le sexe, le type d’établissement et les conditions socio-économiques des familles.
La formation des enseignants au cœur des solutions
Le rapport accorde une attention particulière aux compétences des enseignants en langue et en mathématiques. Il examine notamment leur maîtrise des disciplines, leur capacité à repérer les erreurs des élèves et leur aptitude à adapter les méthodes pédagogiques aux besoins des apprenants.
Ces analyses doivent contribuer à améliorer la formation initiale et continue des enseignants, tout en renforçant leur accompagnement pédagogique.
Le PASEC élargit également son analyse aux conditions d’apprentissage, en prenant en compte les informations recueillies auprès des élèves, des parents, des enseignants et des directeurs d’établissement. Cette approche permet de mieux comprendre les difficultés rencontrées dans les écoles, notamment dans les contextes multilingues et les situations de handicap.
Faire de l’évaluation un levier d’amélioration
Pour la CONFEMEN, les résultats du PASEC ne doivent pas être utilisés pour établir un classement entre les pays, mais pour orienter les politiques éducatives et identifier les pratiques susceptibles d’améliorer les apprentissages.
À l’approche de l’échéance de 2030 pour l’Objectif de développement durable 4, consacré à une éducation inclusive et de qualité, les États sont appelés à renforcer les compétences fondamentales, à soutenir les enseignants et à réduire les inégalités scolaires.
Le principal défi reste donc de transformer les constats de l’évaluation en mesures concrètes, afin que davantage d’élèves maîtrisent les compétences essentielles en lecture et en mathématiques à la fin du primaire.
Source : Le Soleil