Rufisque : le Centre Serigne Babacar Kane redonne espoir aux enfants exclus du système éducatif

Rufisque : le Centre Serigne Babacar Kane redonne espoir aux enfants exclus du système éducatif

À Rufisque, le Centre Serigne Babacar Kane œuvre pour offrir une nouvelle chance aux enfants vivant avec des handicaps mentaux ou des troubles du développement, souvent exclus du système scolaire classique.

Créé au début de la pandémie de COVID-19, le centre est dirigé par Ahmeth Daff. Il accueille des enfants et des adultes souffrant notamment d’autisme, de trisomie 21 ou de déficiences intellectuelles. Beaucoup d’entre eux ont connu l’abandon, la marginalisation ou des situations de grande précarité.

Situé dans le quartier de Colobane, dans la commune de Rufisque Est, le centre propose une prise en charge globale. Les pensionnaires bénéficient d’un hébergement, de nourriture, de vêtements ainsi que d’un suivi médical et psychosocial assuré par un réseau de spécialistes, dont des psychiatres, psychologues, orthophonistes et médecins.

Des activités pour reconstruire les personnes

Au cœur du projet éducatif du centre, les activités occupent une place essentielle. Elles sont conçues comme des moyens de socialisation et de développement personnel. Les résidents participent à différents ateliers artistiques et manuels tels que la peinture, le dessin, la fabrication de bracelets ou la création d’objets décoratifs.

Ces activités permettent de développer la concentration, la motricité et la créativité des participants, tout en renforçant leur confiance en eux.

Le centre a également développé des activités de micro-jardinage. Les résidents prennent part à la culture de plantes, à l’entretien d’espaces verts et à des initiatives de reboisement dans la communauté. Selon les responsables, le contact avec la nature contribue à apaiser les participants et à leur donner un sentiment d’utilité.

En parallèle, des activités récréatives sont organisées afin de favoriser le vivre-ensemble et l’apprentissage des règles sociales, comme le respect des autres et le partage.

Les limites de l’école inclusive

Malgré ces efforts, les responsables du centre soulignent les difficultés liées au manque d’infrastructures adaptées dans le système éducatif national. Selon Ahmeth Daff, de nombreux enfants vivant avec des troubles du neurodéveloppement n’ont toujours pas accès à une éducation inclusive.

Les rares établissements spécialisés existants sont souvent privés et coûteux, ce qui limite l’accès pour de nombreuses familles.

Dans ce contexte, le Centre Serigne Babacar Kane apparaît comme une alternative importante pour accompagner ces enfants et préserver leur dignité, en attendant le développement de solutions éducatives plus inclusives au Sénégal.

Source : Le Soleil

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